Le 23 mai 2008, par Nicolas de Rigal,
(rédigé par Vanessa, Sylvain, Pierre, Nicolas)
Pierre et Nicolas se sont préparés depuis plusieurs semaines tant sur le plan physique (Pierre en entraîneur) que sur le plan de la gestuelle (pour s’adapter à une profondeur jamais rencontrée en tir sub : 4m70).
Nicolas rentre à peine de 2 semaines en Egypte où chaque jour il entretien sa forme physique par une heure de nage ou de marche… en plus de ses 2 plongées par jour.
Profitant du car couchette du CPSQY en partance pour Mandelieu, nos deux champions arrivent tout frais dans le sud le jeudi matin avec 24h d’avance, et avec le formidable accompagnement moral de tous les participants à la sortie des premières bulles, tandis que Vanessa et Sylvain, tout aussi stratégiquement, sont déjà sur place. En effet, ils avaient choisi l’option de passer une semaine à Cavalaire sur Mer où leur journée était consacrée à la détente, à l’apnée et à la pêche sous marine avec des amis tireurs de deux autres régions : Normandie et PACA. Avec une moyenne de 5h par jour dans l’eau, on peut dire qu’ils étaient prêts pour affronter la grande profondeur de ce bassin.
La journée d’avance de Pierre et Nicolas est utilisée pour passer à leur tour environ 5 h en mer à tester en simulation la gestuelle sur fond de 4m80, puis alterner nage et apnée ludique, Pierre en reporter avec son appareil photo, afin de se préparer sans penser compétition : faire le vide, tout en étant actif dans l’élément liquide, et sous le soleil (ça c’est pour le moral)… tandis que les plongeurs font leurs bulles de leurs côté. Retour à pied (une heure de marche en combinaison avec les ceintures de plombs). Adieux chaleureux et encouragements de tous les amis plongeurs. Départ en taxi pour Antibes.
Installation du matériel pour Sylvain et Vanessa le matin avec l’aide de la Bretagne, arrivée le matin même, de la Normandie et de la région PACA. Pour Pierre et Nicolas, découverte de la piscine l’après-midi. Jean-Gilles Yver, le président de commission nationale tir sub, les sollicite pour faire des initiations avec le matériel sécurisé. L’occasion est saisie par nos deux compères pour « goûter » à l’eau de cette piscine. Eau un peu étrange qui serait de l’eau de mer dessalée… mais pas totalement ! De nombreux candidats habitués aux activités subaquatiques découvrent les joies de la nôtre.
Visite de Roland Blanc qui apprécie particulièrement notre matériel pour les enfants fabriqué au CPSQY et en Bretagne.
Première série : série des féminines…
Vanessa, revenue d’un congé maternité et bien décidée à améliorer ses scores en épreuves de vitesse, a fait le pari cette année de tirer avec une arbalète en bois, plus légère et plus maniable que son ancien fusil multiple champion et auteur de nombreux records de France.
Malheureusement, le manque de tonus musculaire en début d’année la contraint à adopter un fusil un peu moins constant que celui prévu à l’origine. Elle passera donc toute la saison à remettre au point sa position de tir avec tous les doutes que cela implique. C’est en fin de saison qu’elle comprend enfin comment se positionner, elle rechange d’arbalète, le physique est revenu, elle peut enfin apprivoiser l’arbalète ayant fait ses preuves dans les mains de Sylvain. Les entraînements payent enfin et une semaine avant le championnat, lors d’un entraînement à Lyon, sur 3 séries de précision, elle s’offre le plaisir de faire pâlir ses concurrents : sur les 30 tirs, 15 mordaient largement la mouche et les autres ne sortaient pas du blanc…
Mais comme à son habitude, Vanessa ne réussira pas son épreuve de précision au championnat de France et ne marquera que 5055 points, le soucis de vouloir trop bien faire…
Nicolas passe en 2ème série. Comme à son habitude, alors que les autres s’élancent en apnée, Nicolas les laisse passer d’une dizaine de secondes dans le style « Messieurs les Anglais, tirez les premiers »…
Premier tir un peu en test. Mouche ! Nicolas en est presque étonné. Il se répète à haute voix le conseil de son entraîneur Alain Lecompte « Pas d’excès d’enthousiasme ». Se re-concentre. 2ème flèche dans le même trou ! Puis ainsi de suite 8 mouches (dans 5 trous) entre 537 (soit à 6 mm du centre) et 564 (la presque parfaite). Le tout avec une précision métronomique réglée pour passer en 9 minutes 45 sur les 10 autorisées.
Au 9ème tir une petite faiblesse. Parti une seconde trop tôt sans doute : la « mouche » est seulement frôlée par l’insecticide flèche : 525 ! Dernier tir, sans doute la fatigue due à l’intense concentration : pas terrible : on voit à nouveau du blanc entre la flèche et la « mouche » : 519.
Le record de France, que Nicolas possède déjà depuis 5 ans, ne sera pas battu ce jour là, mais ce sera tout de même le meilleur score de précision jamais sorti aux Championnats de France en tir à 4 mètres : 5427 points.
Sylvain passe en 3ème série, il est relativement détendu et confiant dans ses tirs, l’échauffement l’ayant conforté.
Le fusil est parfaitement réglé, mais Sylvain n’est pas dans sa bulle et tire sachant pertinemment qu’il n’est pas dans la mouche…
Bref, il limite les dégâts avec 5187pts.
Pierre passe en 4ème série. A peine est-il dans l’eau qu’il lance un appel de détresse à Nicolas qui accourre avec ses mallettes « SOS dépannage ». Le problème ? Le masque de Pierre est fendu et un verre se barre ! Rien que ça ! Et comme ce sont des verres correcteurs pas question de changer de masque !
Bricolage in extremis et Pierre part faire sa précision avec un masque raccommodé par un élastique ! La gestion des tirs doit se faire en prenant en considération le remplissage du masque : En effet, dès que l’eau atteint l’œil il n’est plus possible de viser ! Dans de telles conditions Pierre réussis tout de même à faire un score de 5157 points. Pas mal !
Le midi : Pierre et Nicolas recollent le masque de Pierre. Sylvain et Vanessa quant à eux prennent leur repas avec le reste des compétiteurs sur la belle pelouse arborée de splendides palmiers du centre nautique.
Vanessa manquant toujours un peu d’entraînement par rapport à la saison réussit malgré tout un bon biathlon en 2 minutes 05, mais un tir manquait un peu de précision et elle ne marque que 3807 points, ce qui la place malgré tout première des féminines, place qui lui est chère dans cette catégorie. Mais elle rattrape également l’avance considérable qu’avait sa principale concurrente sur elle à savoir Stéfania Hergault Tramontana (près de 200 points).
Nicolas s’élance pour le biathlon, en tir à la volée comme il le pratique depuis le dernier trophée Galliero-Lecompte. Et ça rentre : Une mouche et 2 dans le blanc… en 2 minutes 05. 4020 points. Son record. Une performance que personne n’attendait… et qui hisse à la 2ème place du podium.
Sylvain, motivé pour reconquérir son titre assure un beau 1er tir mais prit dans l’enthousiasme repart un peu vite et rate son 2nd tir.
Perdu pour perdu, il fonce pour le dernier tir mais ne fait pas d’exploit…il termine 11ème au classement général…
Avant le départ du biathlon Pierre décide de changer l’élastique retenant la flèche (il se distendait trop le matin lors de la précision) et il part plus confiant. Il sait que la technique travaillée pour effectuer les trajets à cette profondeur doit payer. Lors des deux premiers tirs il oublie de compenser ses viseurs de travers mais corrige le tir et fait mouche au dernier passage. Grâce à un parcours plutôt rapide il sort malgré tout un bon score de 3996 points qui le place juste derrière Nicolas à la 3ème place.
l’équipe Ile de France se classe 2ème à quelques secondes derrière la première (la Normandie)… tout en ayant dû ajouter un tir pour compenser un échec. C’est encourageant, le record de France semble désormais à portée de palmes pour le relais Francilien.
Vanessa ayant toujours eu des difficultés à assurer en qualification au super biathlon, décide d’assurer ses tirs en prenant enfin conscience qu’elle n’avait rien à prouver et qu’elle était là uniquement pour se faire plaisir avec toute la bande d’amis que sont les autres compétiteurs. Cette méthode à payé, elle fait un temps pas exceptionnel (2’51’’) mais se qualifie pour les quarts de finale.
Pour Nicolas la pression est extrême : en effet il est favori pour le combiné. Pas de prise de risque, il y va très tranquillement et assure ses 5 mouches en 3 minutes 05. C’est très long, mais au moins le score est valide… et ça lui permet tout de même d’être sélectionné pour les quarts de finale.
Sylvain quant à lui part assez vite et tire à la volée, le 1er tir loupé, il décide de se poser pour assurer les suivants. Au 3ème tir, sylvain se rend compte que son élastique vient de casser, fini pour lui l’aventure, l’épreuve est terminée…
Pierre est gonflé à bloc. Il avance à fond sans même forcer (Alain Lecompte annonce qu’il est sur une base de 1’50’’). Le contrat est rempli (3 flèches dans le noir). Plus qu’à lancer les 2 dernières approximativement. Il sent qu’il est en forme mais ralentit la cadence pour préserver ses forces jusqu’à la finale espérée. Ce changement de rythme lui est fatal : en se posant il dévisse comme jamais et loupe son 4ème tir. La flèche rebondit dans un bruit de métal et tombe au sol. Pierre foudroyé, abandonne pensant que le sort s’acharne comme la veille. Puis il va voir sa cible. Comble de l’horreur : la flèche avait en fait traversé le polystyrène et tapé dans le métal derrière la cible. Le tir était valable, il aurait donc dû continuer ! Ne jamais abandonner, garder son rythme ! Une leçon qui lui coûte cher…car il pouvait espérer le podium du combiné
Quart de finale :
Vanessa fidèle à elle-même et ayant réussi sa qualification validant ainsi son combiné reprend confiance en elle et annonce que les quarts de finale seront réalisés en 2’30’’, tout le monde la soutient. Ses coups de palmes sont plus efficaces, ses déclenchements de tirs plus rapides et au final : 4 mouches en 2’36’’ soit avec le bonus, un temps de 2’33’’. Belle victoire personnelle. Elle se qualifie pour les demi-finales.
Nicolas accélère comme il peut et passe en 2’47".
Demi-finale :
Vanessa a tout donné lors de son passage précédent mais applique malgré tout les conseils de chacun : « c’est pas parce que t’es fatiguée que ton palmage doit être moins efficace » (Pierre Dauge) « assure tes tirs » (Sylvain) « fait toi plaisir et fonce, t’as rien à perdre » (William, capitaine de la région RABA). Mais même si elle réussi son contrat de justesse, le temps ne sera pas meilleur (2’45’’ ?) et ne lui permettra pas d’accéder à la finale. Mais qu’importe, elle finit première féminine en ayant atteint ses objectifs personnels.
Nicolas : Champion de France de Précision et du Combiné (14216 points). Vice Champion de France de Biathlon.
Pierre : Médaille de bronze de Biathlon.
Vanessa : Chez les filles, 3ème en Précision, 1ère en Biathlon, 1ère en Super-Biathlon et 2ème du Combiné avec 13 670 points à une petite cinquantaine de points de la championne de France de cette année Stéfania.
Pierre et Sylvain : Vice Champions de France de relais par équipe.